Gilles Tchorowski

Et si le stress n’était pas une fatalité?

Et si le stress n’était pas une fatalité?

Le 29 janvier 2019, Article de , Dans stress, Avec 2 commentaires

Le stress semble aujourd’hui omniprésent dans la vie de nombreuses personnes, ce qui pourrait laisser penser qu’être stressé (au travail, dans son couple, sa famille…) est normal.
Pourtant c’est loin d’être le cas. Et chaque personne, sans en avoir conscience, détient une part de responsabilité dans l’existence et l’entretien de son stress.

La plupart des propositions présentées dans cet article relèvent du bon sens, et quand on y pense, c’est bien parce qu’une personne ne va pas dans le bon sens, qu’elle se laisse happer par un contexte qu’elle aimerait pourtant éviter à tout prix.

« Je suis stressé ».

« Je suis stressé » : phrase couramment entendue et communément admise dans notre société. Selon les personnes concernées, le stress s’exprime de différentes manières :

  • une sensation physique précise (boule au ventre, dans la gorge…)
  • une état diffus, de fatigue, de mal-être,
  • une personne ou un environnement identifié,
  • une identité (je suis comme ça) …

« Je voudrais ne plus être stressé ! ». Première prise de conscience.
Mais, pour information, votre cerveau ne comprend pas la négation, il entendra donc dans cette phrase « stressé…stressé…stressé ».

Par conséquent, il conviendrait, dans un premier temps, de vous demander ce que vous souhaiteriez à la place : être apaisé ? Détendu ? Vous défaire de vos angoisses ? Vous sentir libéré ? Lâcher prise ? Profiter du moment présent… ?

Malgré ce que l’on pourrait penser, tout le monde n’est pas stressé, il est donc possible de vivre autrement, mais comment?

Qu’est-ce que le stress?

Le stress est une réaction de votre corps à ce qu’il considère être une menace, une agression. C’est un signal d’alarme permettant à votre organisme de rétablir un équilibre.

Cela peut renvoyer à quelque chose qui s’est passé dans votre vie, que vous connaissez, ou que vous imaginez, et que vous craignez de voir se (re)produire.
Il fait donc appel à votre inconscient, ce qui est rassurant, car des outils existent pour travailler sur cet inconscient ; l’hypnose par exemple.

Le stress se décompose en trois étapes :

  • un stimulus : la cause, qui va être à l’origine d’une situation de stress,
  • la réaction physiologique : augmentation du rythme cardiaque, montée d’adrénaline, production de cortisol),
  • l’attitude (votre réaction face à la situation). Cette dernière dépendra, entre autres, de votre état psychologique, de vos habitudes, de votre éducation, vos croyances, vos expériences.

Les symptômes du stress peuvent être d’ordre :

  • physique : tension musculaire, problèmes de digestion, de sommeil ou d’appétit, migraines, vertiges, état de fatigue, baisse de libido, somatisations telle que les problèmes de peau …,
  • émotionnel : anxiété, colère, inquiétude, mélancolie, faible estime de soi …,
  • comportemental : perception négative de la vie, isolement, abus de tabac, d’alcool, d’écrans en tout genre, dépression ….

Quels que soient les symptômes, stresser demande de l’énergie.

Peut-on se passer du stress ?

A l’origine, le stress était utile : sans lui, les hommes pré-historiques n’auraient prêté que peu d’attention à leurs prédateurs. Le stress, ce signal d’alarme, avait donc pour but de les garder en vie.

Le stress peut également comporter d’autres avantages; en compétition, s’il parvient à le maitriser, un athlète pourra en faire un outil précieux au service de sa performance, en jouant notamment sur sa motivation.

Le problème survient lorsque cela devient durable et non maitrisé.

Certains événements, tragiques, génèrent « naturellement » du stress (le deuil, le harcèlement, un accident …). Le plus important restera donc votre manière d’y réagir, de vous entourer, ainsi que votre volonté d’agir pour avancer. Des spécialistes sont, pour cela, à votre écoute.

Stress et science

Scientifiquement, lorsque votre corps ressent une menace, il sécrète de l’adrénaline (hormone dite « guerrière »), qui mobilise l’énergie pour aider à surmonter le danger.

Quelques minutes après, l’organisme produit du cortisol (« hormone du stress »), destinée à transformer les graisses en sucres, afin de diriger l’énergie au niveau des membres inférieurs (pour fuir). Votre corps met donc tout en place pour vous sauver la vie.

Problème : votre cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire, il cherche uniquement à vous défendre.
Ainsi, quand vous imaginez le pire, il pense être menacé, et met en place une stratégie destinée à assurer votre survie.

Exemple : il est 3h du matin, votre enfant est sorti, il neige, et vous commencez à imaginer qu’il a peut-être eu un accident. Votre stress s’installe, vos hormones bouillonnent, alors que lui passe une soirée tranquille. En rentrant, il ne comprend pas votre inquiétude, car il n’a pas pris soin de dérouler le même scénario dans sa tête lors de sa soirée (et tant mieux pour lui!). Vous avez ainsi généré du stress par le simple pouvoir de l’imagination.

Votre part de responsabilité face au stress

  • L’identité que vous vous prêtez ou l’étiquette que l’on vous a collée jusqu’ici : dire et penser que vous êtes « quelqu’un de stressé » vous aidera à le rester.
  • Les croyances limitantes : « c’est de famille », « je ne mérite pas d’être heureux » , « je suis comme mon père/ma mère », « je n’y peux rien », vous conduiront à ne pas changer, et à entretenir cet état de stress.
  • Le choix de votre entourage (professionnel, amical, familial) : rien ni personne ne peut vous obliger à accepter un contexte, des remarques ou des personnes qui génèrent chez vous du stress. Changez d’air, faites du tri.
  • Les scénarii négatifs : imaginer que la journée sera horrible contribuera à la rendre peu sympathique.
  • Si les informations relayées par les médias ne vous procurent pas de bien-être, mais au contraire, nourrissent votre stress, vous avez le choix de ne pas les regarder (ou de ne pas les écouter).
  • Les lectures de pensées : ex : vous dites bonjour à une personne et celle-ci ne vous répond pas. Vous pouvez penser qu’elle vous en veut, qu’elle ne vous apprécie plus… alors que, perdue dans ses pensées, elle ne vous a peut-être tout simplement pas vu.
  • Cessez de vous mettre dans la tête des gens, il y a déjà assez à trier chez soi!

Vous attirez ce qui vous ressemble : les gens stressés se reconnaissent, se comprennent et s’attirent (et l’inverse se vérifie aussi).

Le choix de ses émotions 

Selon la médecine chinoise, chaque organe possède ses propres émotions : tristesse (poumons), colère (foie), peurs (reins)… Il est donc essentiel d’apprendre à gérer ses émotions.

Exemple de la colère : vous vous apprêtez à vous garer et une personne essaie de passer devant vous ; elle s’énerve, hausse le ton.

  1. Vous vous énervez => très bon pour votre stress.
  2. Vous prenez sur vous en vous disant que vous n’avez aucune personnalité : pas terrible pour votre estime et donc bon pour votre stress.
  3. Vous lui souriez, et ainsi, ne prenez pas la perche de stress potentiel qu’il vous tend : bon pour le lâcher prise, et une balle dans le pied de votre stress.

Donc quand vous sentez dans votre corps qu’une situation vous touche : vous pouvez faire le choix de laisser le stress à l’autre personne, décider de ne pas le prendre.

Vous êtes maitre de vos émotions, il est faux de dire « tu m’énerves », « il me fait culpabiliser », « elle me stresse », c’est bel et bien vous qui faites cela !

Le stress dépend donc de l’environnement que vous choisissez, et de votre capacité à fixer des limites et un cadre : au travail, dans le couple, avec la famille, les amis …

Les moyens de lutter contre le stress 

  • toute forme de thérapie pour prendre soin de soi (lire l’article devenir pleinement soi grâce à un accompagnement personnalisé),
  • méditer : « accepter ce qui est », sur lequel on ne peut rien (ex : il pleut aujourd’hui) et changer le reste (changer de région si celle-ci ne vous convient pas),
  • votre respiration : vous trouverez sur ma page facebook G Toujours le choix  un exercice de cohérence cardiaque, à faire 5 minutes, 3 fois/jour, qui vous aidera à faire baisser votre taux de cortisol et donc votre niveau de stress,
  • l’auto hypnose,
  • apaiser votre système familial (lire l’article qu’est-ce qu’une constellation familiale) et trouver SA place,
  • se débarrasser des poids qui ne vous appartiennent pas (tels que les violences physiques ou morales, abus sexuels…).


Gardez à l’esprit que « si vous continuez à faire toujours la même chose, vous arriverez toujours aux mêmes résultats. » (Tony Robbins)

Petits conseils

  • observez les enfants ! Et imitez-les. Redevenez cet enfant qui sommeille en vous,
  • modélisez les gens qui sont zen,
  • rappelez-vous que la 1e chose que vous vous dites en vous réveillant le matin, correspond à la dernière que vous vous êtes dite en vous couchant (ex : « demain, je vais passer une journée de m**** » : belle programmation pour votre cerveau !),
  • changer de filtre : relever le positif chaque jour,
  • faites du tri dans votre entourage, et cherchez à vous défaire des liens toxiques (lire l’article les bonhommes allumettes),
  • déconnecter le plus souvent possible des écrans,
  • assumer vos choix, faites ce qui est bon pour vous : vivez votre vie.

Le stress est une réaction de l’organisme qui vous invite à vous poser cette question : qu’est ce qui ne me convient pas dans cette situation ? Que puis-je y faire ?

Accordez-vous des moments de plaisir et de détente (massage …) pour votre bien-être, prenez soin de la personne dont vous avez le plus besoin : vous !

Vous n’êtes peut-être pas toujours responsables de ce qui vous arrive, mais vous êtes responsable de la manière dont vous allez réagir et agir face à ce qui vous arrive.

Être stressé est donc, en partie, un choix. Décidez de vous en défaire en est un autre.

Gilles Tchorowski
Thérapeute, spécialisé dans la gestion du stress et les relations humaines.
Infos et contact: www.gtoujourslechoix.com
Page facebook: G Toujours le choix

2 Comments so far:

  1. Skomski dit :

    Très bel article avec pleins de piste…. bloqué sur la route par la neige, je profite de la beauté du paysage au lieu de stresser sur mon retard potentiel.
    Pascale

  2. rea caroline dit :

    Bravo Gilles, oui oui oui, tu dis vrai, je dirais: « la vie est belle à ceux qui savent se la rendre belle. »

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